Cocktail d’arrivée de la Consule générale

Tunis – 12 septembre 2019


Monsieur l’Ambassadeur,
Madame l’Ambassadrice de France en Libye,
Monsieur l’Ambassadeur de l’Union européenne en Tunisie,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames, Messieurs,
Chers collègues et amis,
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« C’était à la Marsa, faubourg de Tunis, dans les jardins du Consulat  ». Ceci vous rappelle-t-il quelque-chose ? Un certain Gustave Flaubert peut-être ? Vous n’êtes pas loin. Des mots simples, balancés, poétiques, commençaient la plus belle de ses histoires. Et je voulais commencer la mienne, ce soir, d’une manière analogue. Car pour moi, être ici, ce soir, parmi vous, c’est une belle histoire.

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Cette nouvelle et belle histoire débute sous des auspices que les oracles antiques auraient sans doute enviés.

De bons auspices, en effet. Sous le patronage d’Olivier Poivre d’Arvor, notre Ambassadeur dans ce pays qu’il évoque toujours avec une immense passion et qu’il arpente sans relâche depuis maintenant trois ans, toujours au plus près du terrain et avec l’énergie inépuisable que nous lui connaissons, j’ai le plaisir de vous recevoir dans cet endroit merveilleux, où débordent des effluves de jasmin qui accompagnent ici la douceur des fins de journée.

Je retrouve parmi vous quelques visages amis, connus au fil des ans dans différents coins du monde. Je me réjouis que le hasard des affectations nous permette de reprendre le fil de nos aventures communes. C’est l’un des charmes du métier de diplomate …

Mais je suis aussi particulièrement heureuse et impatiente de découvrir tant de nouveaux visages et de faire connaissance :
-  avec les forces vives de la communauté française en Tunisie ;
-  avec les interlocuteurs principaux du Consulat général ;
-  et avec tous les collègues de « l’équipe de France » en Tunisie.

Le gouvernement de mon pays m’a confié, ici, d’importantes responsabilités : je m’efforcerai de les honorer avec constance et détermination, en lien avec chacun d’entre vous, avec toujours en ligne de mire l’inexpugnable volonté de consolider les liens franco-tunisiens. Ces liens, historiques, multiples, si importants pour nos deux nations.

Je le ferai avec ce que je suis, mes qualités et mes défauts. Au fil des jours, au fil de mois, chacun ici se fera son propre avis et trouvera que les premières dépassent les seconds, ou réciproquement !

Quel que soit votre jugement, présent ou futur, celui-ci vous appartiendra. Sachez toutefois que vous pouvez au moins compter sur deux choses.

La première, c’est la joie avec laquelle je renoue avec les terres du Maghreb. J’ai passé quatre belles années à quelques centaines de kilomètres d’ici, à Alger. Je suis une ancienne de ce qu’au Quai d’Orsay on appelle la « rue arabe », la direction ANMO (Afrique du Nord, Moyen-Orient). Et tout comme vous, j’aime ces terres, leur histoire, leur géographie, leurs habitants. J’aime ce « génie méditerranéen » dont parlait Camus, « fruit de la rencontre entre Orient et Occident ».

-  je sais la densité des rapports entre les deux rives de la Mare Nostrum ;
-  je sais aussi ce que la Tunisie a traversé, les montagnes qu’elle a d’ores et déjà déplacées. Je n’ignore pas non plus les espoirs et les défis qui sont devant elle, y compris durant les tous prochains jours, à l’occasion d’élections qui auront un retentissement, non seulement ici, dans ce pays, mais dans toute la région ;
-  je sais enfin la valeur de son peuple et sa foi en l’avenir, en l’ouverture, en la tolérance, en la liberté.

J’ai néanmoins beaucoup à apprendre et je ne pourrai le faire qu’à votre contact, qu’avec votre aide et que grâce aux projets que nous conduirons ensemble, sous de la direction bienveillante de notre Chef de mission diplomatique.

La deuxième chose sur laquelle vous compter, c’est le plaisir que j’ai à renouer avec le métier consulaire. Avec ces journées dont on ignore chaque matin ce qu’elles vont nous réserver (de belles rencontres ? des moments douloureux ? ou encore - parce qu’il faut bien aussi décompresser - des demandes insolites …).

Je n’ai pas bien sûr pas l’inégalable expérience consulaire de mon prédécesseur Christian Regnault – auquel je rends ici hommage pour avoir si efficacement dirigé pendant quatre années, d’une main de maître, les équipes du Consulat général – mais, comme lui, j’ai appris le métier au cœur de la machine, dans ses rouages. Au Quai d’Orsay et dans les postes, j’ai exercé à plusieurs niveaux et dans des secteurs variés. J’ai notamment eu le bonheur de servir à Nairobi en tant que chef de chancellerie. C’était il y a quasiment vingt ans maintenant – Anne et Laurent Viguié, ici présents, s’en souviennent certainement.

Cette expérience m’a beaucoup apporté, parce qu’elle est concrète et, surtout, humaine :

-  Humaine. Car elle touche à la vie des gens, que nous accompagnons dans des moments de leur vie qui peuvent être d’une intensité rare ;
-  Humaine. Car elle s’appuie sur l’animation et la gestion d’équipes. Lors de mon long passage à l’Inspection générale du Ministère, j’ai arpenté les consulats sur les cinq continents, tâchant de mettre mon expérience au service des collègues : écoute, conseil et parfois aussi proposition de sanction. Et j’ai également beaucoup appris à leur contact.

Reprendre aujourd’hui la direction des équipes de Tunis est donc pour moi l’occasion de renouer avec ce métier si noble et que j’aime tant.

Ce métier, c’est celui de l’administration de notre communauté française, bien sûr :

-  dans le quotidien, avec l’état civil, le soutien au tissu associatif, l’accompagnement de nos compatriotes au cours des étapes de la vie. Je n’oublie pas non plus les étapes de la vie citoyenne, en particulier les élections, qui mobilisent à chaque scrutin des bénévoles dévoués, qui tiennent avec rigueur les bureaux de vote et nous rappellent que la démocratie est aussi un effort et, vous amis Tunisiens le savez plus que quiconque, un combat … et qu’elle n’est jamais acquise.
-  C’est donc l’administration de notre communauté dans le quotidien bien sûr, mais dans la crise aussi parfois, en veillant à la sécurité de nos compatriotes en cas de menace, sous l’autorité du Ministre conseiller, avec le concours de nos gendarmes du détachement de sécurité, de nos représentants du Ministère de l’Intérieur et du Ministère des Armées, ainsi que des îlotiers. A ces derniers, je tenais à adresser des remerciements nourris, pour l’importance du rôle qui est le leur dans la prévention comme dans les périodes plus agitées.
-  Mais en dehors de Tunis, rien de tout ceci ne serait possible sans le soutien de nos admirables Consuls honoraires, relais indispensable pour pouvoir assister nos compatriotes. Quatre d’entre eux ont fait le déplacement ce soir et je les salue….confraternellement.

Ce métier, c’est aussi celui, délicat, des questions migratoires, un défi pour nos deux pays et pour tant d’autres.

Ce métier, enfin, c’est celui du management, c’est-à-dire de l’art de fédérer les énergies, de motiver, de donner du sens et un cap, d’absorber le maximum de pression pour permettre à chacun de ses collaborateurs de travailler dans la plus grande sérénité possible et de donner le meilleur de lui-même, et c’est aussi, parfois, devoir dire non.

Je veux avoir un mot particulier à l’adresse des collègues du Consulat général présents ce soir. Nous sommes l’une des facettes de l’image de la France en Tunisie. Je vous sais professionnels, réactifs et engagés. Je l’ai perçu en venant à votre rencontre il y a quelques mois (mon flair d’inspectrice aguerrie me trompe rarement) et mes dix premiers jours ici n’ont pas démenti cette impression. Je nous veux exemplaires. Et je veux aussi que vous me parliez sans fard, afin que je joue pleinement mon rôle de Chef de poste, c’est-à-dire vous appuyer dans les décisions difficiles.

Avant que nous nous rafraîchissions et que devisions plus avant, je souhaitais simplement vous redire la fierté et le plaisir que j’ai à prendre mes nouvelles fonctions à Tunis. Cette première semaine a été intense et semée d’embûches logistiques inattendues (des pluies diluviennes, des serrures farceuses, le voisinage de coqs candidats à l’Eurovision…) mais aucune de ces péripéties n’a entamé ma joie de retrouver le métier consulaire, l’envie de découvrir ce beau pays, ma détermination à vous servir au mieux.

Permettez-moi de prendre une minute pour remercier Selma, mon incroyable assistante, Mounira, l’âme de cette maison, et les équipes techniques de Stéphane, Fabrice, Tarek, Hussein…) je ne peux pas tous les citer mais ils travaillent depuis plusieurs jours pour sublimer la beauté de ce lieu afin que vous passiez une belle soirée, qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il vente.

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A la demande générale, voici Mounira, l’âme de la maison.

Mes derniers mots iront à Monsieur l’Ambassadeur, que je remercie vivement de m’avoir accueillie dans son équipe et de me montrer sa confiance par sa présence, ce soir parmi nous.

Je vous invite maintenant à nous retrouver autour de quelques coupes de champagne aou zêda kissên citrounnade !

Dernière modification : 23/09/2019

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